Choisir son arbalète, les points importants

Tireur depuis plusieurs années je me suis posé la question de savoir comment travailler certaines techniques et notamment de prise de visée ou d’action sur la détente en dehors des heures d’ouverture du stand de tir. Même si la loi précise qu’il est possible de tirer sur terrain privé avec des catégories C et D, la mise en pratique afin de pouvoir pratiquer en toute sécurité et en évitant de déranger le voisinage est bien plus délicate. C’est une des raisons pour laquelle j’ai décidé de me tourner vers l’arbalète. Je partage avec vous quelques éléments du fruit de mes recherches.

Pourquoi choisir l’arbalète ?

C’est vrai ça, pourquoi choisir l’arbalète alors qu’on peut parfaitement tirer au plomb chez soi ? On peut effectivement se poser la question mais en toute franchise le retour au plomb quand on tire avec de plus gros calibres est vraiment difficile au niveau des sensations. Alors on cherche quelque chose de plus pêchu et c’est là que l’arbalète devient intéressante. En plus d’être silencieuse, elle demande peu de préparation du terrain et permet de garder une dose de sensations satisfaisantes.

En se renseignant un peu sur le sujet du choix de son arbalète (étant un parfait novice, vous m’excuserez si je n’ai pas le vocabulaire approprié) on tombe nécessairement sur le site de Hatilla. Il faut dire que la société implantée dans l’Allier a fait de l’arbalète son fer de lance et que le catalogue est fourni. On notera au passage la présence d’une boutique survivaliste dans laquelle on retrouve les indispensables en terme de matériel prepper.

On y trouve également tout un tas d’informations utiles sur le montage/démontage de l’arbalète en elle-même où l’installation d’organes de visée (lunettes ou point rouge) et même sur la législation concernant les arbalètes. C’est d’ailleurs ce dernier point qui a retenu mon attention. Ai-je le droit de pratiquer l’arbalète sur un terrain privé ? et si oui, quelles sont les précautions à prendre ?

Le cadre légale de l’arbalète en France

Je vous épargne la citation de l’article de loi (vous pouvez consulter le décret n° 2013-700 du 30 juillet 2013 relatif au contrôle des armes modernes sur le site de legifrance ) mais l’arbalète est classée en catégorie D-2 (l’ancienne 6ème catégorie de la réglementation). Autrement dit comme une arme blanche en détention libre. Cette catégorie n’est donc soumise à aucune condition particulière si ce n’est être majeur. Pas de licence de tir, pas de permis de chasse, pas même une licence de tir à l’arc ou équivalente.

Le décret n’impose rien concernant le stockage de l’arme. Toutefois celle-ci ne devra en aucun cas être transportée chargée ou prête à l’emploi dans un lieu public sous peine d’être considérée comme un port d’arme. Vous veillerez donc à la transporter que si nécessaire et démontée dans un sac (les passants risqueraient de vous jeter un œil en biais à vous voir vous trimbaler une arbalète à la main, même sans corde, dans la rue). Bref, faites preuve de bon sens !

Pour les chasseurs, la chasse à l’arbalète est totalement interdite en France. Peu importe si le terrain est privé ou non.

Maintenant que le cadre légal est posé intéressons-nous au choix de l’arbalète. Quelle puissance ? à poulies ou non ? De loisir ou lourde ? Pas forcément évident de s’y retrouver tant le nombre de modèles existants est conséquent.

Quelle modèle d’arbalète choisir ?

Si vous avez déjà pratiqué le tir à l’arc la notion de puissance exprimée en livres ne vous est pas inconnue. Celle-ci se retrouve naturellement dans la pratique de l’arbalète.

La puissance

Les modèles du commerce oscillent généralement entre 50 et 200 lbs (on trouve des modèles encore plus puissants mais ils sont déjà plus rares et quid de l’intérêt d’une telle puissance ?). C’est l’activité que vous souhaitez exercer avec votre arbalète qui détermine la puissance adéquate. Pour du tir de jardin sur cible une arbalète d’une puissance comprise entre 50 et 100 livres, en fonction de la distance, sera largement suffisante et bien plus avantageuse financièrement parlant (compter une centaine d’euros).

Pour du tir sur cible débutant préférez une puissance plus élevée afin d’avoir la vitesse nécessaire à parcourir la distance désirée.

Si par contre vous visez le tir sportif ou la chasse à l’arbalète (je le rappelle interdite en France) en situation dégradée ou à l’étranger il faudra nécessairement se tourner vers des arbalètes dites lourdes avec des puissances plus importantes.

Attention, si on veut être plus pointilleux, la puissance en lbs peut-être trompeuse. On devrait effectivement se baser sur l’énergie cinétique et la peut-être oubliée formule  :

energie-joule-arbalete

En résumé  : la vitesse au carré du trait multiplié par sa masse divisée par 2.

Exemple : Un arc de 75 lbs peut propulser ses traits à 65 m/s alors qu’un arc de 130 lbs peut seulement atteindre les 92 m/s.

On peut donc préférer le critère de la vitesse à la puissance en livres ou encore mieux l’énergie accumulée en pieds par livre. Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver cette mesure sur les arbalètes Barnett.

Mais là encore un autre choix s’impose à vous : Arbalète classique ou à poulies ?

L’arbalète classique à branches courbées

La plus épurée des arbalètes, sa rusticité en fait une arme redoutable et robuste. Fiable par sa simplicité elle se compose d’un simple arc, d’une corde, de son corps (fût ?) et du mécanisme de détente. Son rechargement peut être délicat sur des puissances très élevées mais l’entretien est plus simple.

L’arbalète à poulies

Les arbalètes à poulies ou aussi appelées compound sont très populaires pour la pratique de la chasse ou à haut niveau. La largeur de l’arc est réduit par rapport à une arbalète classique.

ndlr : pour être honnête je ne saisis pas trop l’intérêt des poulies sur une arbalète… au tir à l’arc cela permet notamment de ne pas s’user les bras en maintenant la tension mais là ? vu que le mécanisme de détente prend le relais. J’ai conscience que le principe de démultiplier permet d’emmagasiner plus d’énergie mais à part cela… N’hésitez pas à me le dire dans les commentaires.

Ces câbles, poulies et autres pièces mobiles sont également des points de défaillance potentiels en plus par rapport à une arbalète classique.

Le rechargement

Qu’elle soit à poulies ou non le rechargement se fait généralement le pied dans l’étrier avec un bandoir (si on souhaite épargner ses doigts mais faites comme vous le sentez), sorte de corde très robuste avec des poignées permettant de tendre la corde plus aisément. Certains accessoires peuvent bien entendu simplifier encore le processus avec par exemple une manivelle.

Quelles disciplines pratiquer à l’arbalète ?

Si vous avez été conquis par le charme du tir à l’arbalète et que vous souhaitez le pratiquer sportivement la FFTir (Fédération Française de Tir) reconnaît 2 disciplines : Le field et le Match.

tir-arbalete-fftir

L’arbalète Field est très proche de la pratique du tir à l’arc. Il comprend plusieurs configurations qui sont le 10 mètres (40 flèches sur blason de 25cm), le 18 mètres (60 flèches sur une cible à 3 visuels de 25 cm) et l’IR 900 qui consiste à tirer 30 flèches à chacune des distances suivantes : 65 mètres, 50 mètres, 35 mètres. Le tout sur des blasons trispot de 40 cm à 35 mètres et de 60 cm à 50 et 65 mètres.

L’arbalète Match est encore plus exigeant avec les pratiquants. Elle se tire à 10 m en position debout et à 30 m dans les positions debout et genou. Le tir se fait en stand de tir, sur une cible, en utilisant un trait de 4,5 mm de diamètre à 10m et de 6mm à 30m et compte 30 à 60 coups en fonction de la catégorie.

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